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30.10.2011

Le fond du tiroir #1 - Gina X Performance - No G.D.M.

Entre une review d'album et une playlist, une chanson trop cool qu'il ne fallait pas oublier.

#1 : Gina X Performance - NO G.D.M.

"Tel Aviv - have a sniff ! C'est la vie - ma chérie !"

1239417_lg.jpgGina X Performance, c'est un groupe allemand actif dans la fin des années 70 et jusqu'au milieu des années 80. Avec en tête d'affiche la très charismatique Gina Kikoine, le groupe est étiquetté "culte" aujourd'hui grâce notamment à ce tube "No G.D.M." dont personne ne se lasse et qui était joué dans les clubs du monde entier, y compris aux US. Disons le, Gina X Performance, c'est un peu l'un des premiers à avoir expérimenté une électro-pop groovy et légère (pas trop cérébrale) tout juste un an après l'explosion du Punk et dès les débuts d'un post-punk très synthé qui connaîtra un bel essor et surtout avant les gens bien de la Neu Deutsche Welle.

Bonus track :

Q : Est-ce possible de s'inspirer des rituels d'enterrement et de deuil dans le judaïsme pour faire une chanson joyeuse ?

R : Dans Kaddish, Gina X Performance nous décrit tout, même le plus glauque. De l'agonie et la mort de Moshé jusqu'à l'arrivée de la Hevra Kaddisha pour la tahara, l'inhumation, les septs jours de shiv'ah, rien n'est oublié dans ce petit guide du deuil déconcertant qui m'a néanmoins (et bizarrement) fait sourire.

15.10.2011

Zola Jesus : Le phénomène du moment (qui m'échappe).

Zola Jesus, j’en ai déjà parlé ici depuis deux ans, en bien, et en mal. Bien sûr, j’étais de ceux qui ont quitté l’Olympia pendant sa première partie de Fever Ray. Je ne lui avais cependant pas lancé comme certains un « ta gueule connasse », que je pensais pourtant très fort. Non, j'étais simplement parti, déçu. Déçu parce que j’avais pas mal aimé Stridulum, et surtout son EP avec LA Vampire. La sortie de son premier album chez Sacred Bones est l'occasion d'avoir enfin un avis tranché.

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Clivante alors Zola ? A voir en tout cas tous ceux qui entre deux discours sur le bon goût vont chercher des qualificatifs sur Pitchfork pour s’extasier sur son premier LP « Conatus », quelque chose m’échappe sérieusement. L’album ne peut pas être complétement mauvais, sûrement ( ?), mais moi vraiment, j’ai beau écouter je n’entends rien. Et j’avais pourtant convoqué toute ma bonne volonté musicale. Je ne comprend nûment pas ce qu’il y a de « baroque » dans cet enchaînement de titres analogues dont la profondeur est tout sauf abyssale. Pourquoi écouter la voix insupportable d’une fausse hippie neurasthénique et prétentieuse pourrait-il être agréable ? Non, pas la peine de se forcer. Aucun titre n’évite le piège de l’incantation désincarnée. Avant même d’arriver à la onzième piste, l’envie d’inviter gentiment cette jolie jeune femme à se taire se fait trop forte, il faut arrêter.

23.07.2011

Planningtorock - W (DFA - 2011)

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Planningtorock revient cinq ans après avoir marqué les esprits avec son premier album Have It All, ses très beaux costumes de scène qu'elle créait elle-même, ou encore ses vidéos déjantées qu'elle réalisait pour chaque chanson. La berlinoise d'adoption, anglaise d'origine et diplômée d'une école d'art, avait quelque peu disparu  des radars en dehors des clubs allemands, mais tous ceux qui y étaient ont gardé en mémoire son passage à Beaubourg . Géniale, arty-bobo, Matthew Barney avec moins d'argent, musique innovante, musique pour drogués, personne n'a manqué de qualificatifs pour décrire ses performances. Jeanine Rostron à l'état civil ne laissait pas indifférent et ça ne changera pas avec W, son deuxième album sorti  cette fois chez DFA (LCD Soundsystem...).

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Nouvel univers, nouveaux costumes,  nouvelles vidéos : tout est plus surréaliste et mature qu'avant. La rencontre avec The Knife et la co-composition de l'opéra-éléctro inspiré de Darwin Tomorrow In A Year a clairement laissé des traces. La parenté avec les génies suédois est même un peu trop évidente sur le premier titre de l'album. Doorway aurait pu en effet ouvrir Silent Shout ou l'album de Fever Ray mais personne ne pourrait lui en vouloir tant la chanson est superbement bien produite et tant l'album évolue ensuite dans un monde extrêmement personnel et intime. Ambitieux, W (double you en anglais) renoue avec la symétrie chère à l'artiste et les effets sur sa voix bousculent les genres. Janine peut être celle (et celui) qu'elle veut et s'affranchit de nos codes pour s'en moquer, masculin puis féminin, sensible puis froid, sérieux puis ridicule : l'urgence est dans le mouvement perpétuel et l'ennemi l'immobilisme incompatible avec notre période. Ainsi, Black Thumber est l'explosion synthétique tout à fait orgasmique, The Breaks le petit joyaux atmosphérique et Going Wrong la chanson...parfaite, ce début inquiétant et cette fin lancinante sont un délice auditif et l'exemple pertinent pour décrire la surprise que suscitent la plupart des chansons de W. Les titres ne se terminent en effet jamais comme ils débutent et si le doute peut s'installer parfois pendant l'intro, à mi-chemin, on passe à autre chose puis on oublie de douter.

Plus sensuel et sombre, moins ironique et homogène que Have It All, W est un album mystérieux, bougrement contemporain et très addictif. Jamais sinistre, le disque multiplie les humeurs et Janine menace, inquiète, fait sourire mais force surtout le respect par la production impeccable de ce petit bijou, sans doute l'un des meilleurs albums de l'année en cours. Non et puis surtout, comment ne pas aimer son nez, ce faux nez là...Il est beau ce nez Frau Janine.

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L'album est en écoute sur spotify : Planningtorock – W

Vidéos :

Doorway :

The Breaks:

Changes :

Björk : un pas en avant trois pas en arrière

 

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C'est avec joie que la nouvelle fut accueillie il y a quelques semaines : Björk se lance dans un nouveau projet qui devrait changer le monde. L'enthousiasme était comparable à celui suscité l'année dernière par la création d'un Opéra-Electro par The Knife inspiré de Darwin. Björk prépare aussi en effet un projet musical scientifique (sic) nommé Biophilia avec nul autre que son compère Michel Gondry pour le côté vidéos. Il s'agit en fait d'un album et d'une résidence à Manchester que la chanteuse décrit comme une "méditation sur la relation entre la musique, la nature, et la technologie". La représentation réunissant quelques proches collaborateurs est l'occasion d'expérimenter avec des electrons, des instruments spécialement inventés pour l'occasion, et une machine capable de transformer les gravitations de la terre en sons (il serait même question de musique éventuellement), l'ambition est aussi grande que le talent de l'islandaise. Mais pour ceux qui ne sont pas prêts à tout plaquer pour aller assister un soir en semaine dans un autre pays à une de ces représentations (sept et sold out de toutes les façons), il devait rester l'album, la B.O., pour se consoler.

 

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Les informations qui circulent pour le moment sont pour le moins intriguantes : l'album, outre l'utilisation d'instruments inventés, a été composé sur un iPad et la sortie sera accompagnée de plusieurs applications sur l'appstore. Pour chaque titre en fait, les utilisateurs d'apple pourront télécharger une app représentant le sens de la musique et qui permettra même à l'utilisateur d'en recréer une version différente. Rien d'étonnant au demeurant, Björk n'ayant jamais caché son intérêt pour les technologies, mais le doute commence à s'installer avec la sortie récente du premier single "Crystalline". Pour une artiste de l'envergure de Björk, la chanson est d'une pauvreté déroutante. La production est bien trop légère et l'on croirait entendre des démos d'amateurs utilisant FL Studio. La mélodie est noyée dans un brouillard pas du tout agréable et le rythme est cassé par des ruptures totalement artificielles. Björk en (re)fait en outre des tonnes avec sa voix et ses tics, exactement comme avant, d'où le titre de ce billet. Björk qui atteignait des sommets avec l'expérimentation vocale par exemple sur Medulla semble reculer et propose un titre qui pourrait être issu de sa poubelle période Homogenic ou Vespertine. Le titre est en résumé bancal et insipide et son final ne le sauve même pas, s'il ne l'enfonce pas. Ces percussions, ces beats sont en effet assez ridicules pour rester gentil. Le reste de l'album a intérêt à relever le niveau ! Sinon je...je me fâche définitivement contre Björk et ne me laisserais plus séduire par ces merveilleuses tenues et ses cheveux roux magiques qu'on voit sur ces photos.

 

 

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